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Acheter une société ou un fonds de commerce : quelles différences ?
Cessions et acquisitions·10 min

Acheter une société ou un fonds de commerce : quelles différences ?

Aymeric TriveroPublié le 20 janvier 2025Mis à jour le 15 mai 2025

Lorsqu'un acquéreur envisage l'achat d'une entreprise, deux voies principales s'offrent à lui : acheter les titres de la société (actions ou parts sociales) ou acheter le fonds de commerce. Chacune de ces options présente des conséquences juridiques, fiscales et patrimoniales différentes.

La cession de titres

La cession de titres consiste à acheter la société elle-même, avec son histoire, ses contrats, son personnel et ses passifs éventuels. L'acquéreur devient propriétaire de la société qui reste titulaire de tous ses droits et obligations.

L'avantage principal est la continuité : les contrats se poursuivent sans nécessité de transfert individuel. L'inconvénient est le risque de passifs latents non identifiés lors de l'audit.

La cession de fonds de commerce

La cession de fonds de commerce consiste à acheter les éléments qui constituent le fonds : clientèle, matériel, droit au bail, enseigne. La société cédante conserve son existence et ses passifs.

L'avantage est la sélection : l'acquéreur choisit ce qu'il achète. L'inconvénient est la nécessité de transférer individuellement certains contrats, avec l'accord des cocontractants.

Les différences fiscales

Les droits d'enregistrement diffèrent selon la nature de l'opération. La cession de titres de SARL ou de SAS est soumise à un droit d'enregistrement de 3 % (avec abattement) tandis que la cession de fonds de commerce est soumise à un barème dégressif.

La garantie d'actif et de passif

En cession de titres, la garantie d'actif et de passif (GAP) est particulièrement importante car elle protège l'acquéreur contre les passifs latents. En cession de fonds, les garanties portent plutôt sur l'existence et la consistance des éléments vendus.

Le choix selon la situation

Le choix entre les deux options dépend de la structure de l'entreprise, de sa situation fiscale, de la nature de l'activité et des objectifs de l'acquéreur. Une analyse au cas par cas est indispensable.

Conclusion

Il n'y a pas de réponse universelle : chaque situation nécessite une analyse juridique et financière pour choisir la voie la plus adaptée et sécuriser l'opération.

Sources juridiques

  • Code de commerce, articles L141-1 et suivants
  • Code général des impôts, articles 726 et 728

Avertissement : le contenu de cet article est général et ne remplace pas une consultation juridique adaptée à votre dossier. Les informations présentées ne constituent pas un conseil juridique et n'engendrent pas de relation avocat-client.